vendredi 30 octobre 2009

Une super journée

Hier, j’ai vraiment eu une belle journée. J’avais envie de la partager. Il faut être réaliste, y’en aura des moins bonnes. En plus, dans un univers aussi nouveau et aussi différent, on ne peut pas faire autrement que de se regarder aller et de s’observer. Je me suis donc mis à réfléchir et à me questionner sur un de mes comportements et pourquoi, s’en était ainsi.
Bon, je commence avec la bonne journée. Comme convenu, j’ai rencontré Ramatou vers 14h00. Suivi de la rencontre avec M Amadou. Je dois vous dire que M. Amadou est presqu’aveugle. Je lui ai donc fait la lecture en apportant quelques explications. J’ai appris des équivalences à notre terminologie. Un bailleur de fonds pour eux c’est un partenaire financier et j’avoue, que je préfère. L’État, les ministères, les autorités locales, ici, on les appelle les partenaires techniques. Pas mal, non plus. Mon plan de travail est approuvé. Je propose qu’on se laisse de la flexibilité. On va apprendre à se connaître. C’est un peu un « work and progress ». Ils me reviennent lundi avec la confirmation des dates de formation. On a déjà déterminé les participants. Mission accomplie, en ce sens, que j’étais très à l’aise et la communication était bonne.
En plus aujourd’hui, j’ai eu l’impression de faire encore plus partie de la vie nigérienne. Je suis retournée à la maison pour le lunch, j’ai pris une douche et je suis repartie chez ADD. J’ai fait ce qu’ils font à peu près tous. Ma journée de travail ressemble à : 9h00 chez ADD, départ luncher vers 12h30, retour chez ADD vers 14h00, retour à la maison autour de 17h00. C’est agréable.
Et puis, ma réflexion. J’ai réalisé que j’étais plus à l’aise d’appeler le président M. Amadou qu’Amadou. Même si lui-même prend plaisir à informer les gens qu’il me présente, qu’au Canada, on ne dit pas madame ou monsieur, on appelle les gens par leur prénom. D’ailleurs, il m’appelle Marie. Et pourquoi? En fait, c’est assez simple. À mes yeux, il fait parti des acteurs qui travaille d’arrache pied pour supporter ses pairs à améliorer leurs sorts et ce, dans des conditions très difficiles. À mes yeux, je lui doit ce respect.
Je vous ai parlé de cette chaleur suffocante et accablante et bien, elle peut nous créer des petites complications. Je vous explique. Je me suis faite quelques petites égratignures sur les avant bras avec mon sac à dos, Au lieu de se résorber après quelques jours, le tout a viré en plaie avec de l’infection. Tout ça dû au fait que notre peau est constamment humide alors ça ne sèche pas. Donc, une visite à la clinique, un onguent et ADD m’a transféré dans un bureau avec la clim. C’est vraiment rien de grave, mais comme quoi notre peau n’est vraiment pas acclimatée à ce climat. Il faut que je vous dise, par contre, cette chaleur est accompagné souvent d’un super ciel bleu. Tous les matins, je déjeune sur la terrasse avec les chants des petits oiseaux. Non, on est vraiment pas à plaindre.

mercredi 28 octobre 2009

La vie ici

Ce week-end, j’ai eu l’opportunité d’être invité à un dîner chez une québécoise, Sylvie Trudel, qui vit ici depuis dix ans. C’est François qui me l’a présenté. Nous étions un groupe d’environ dix personnes dont trois québécoises qui sont ici trois semaines pour faire de la formation en concertation, une américaine infirmière mariée à un nigérien dermatologue et des nigériens qui travaillent à l’EIP, l’organisme dirigé par Sylvie. Elle a une cuisinière exceptionnelle. Nous avons mangé un bon couscous. Je vous avoue que cela m’a fait beaucoup de bien de sortir de la maison et de rencontrer des gens. La soirée fût très agréable.
Je vous parle un peu de son projet parce que c’est tout à fait extraordinaire, en tout cas à mes yeux. Il existe une mauvaise herbe d’eau nommée jacinthe d’eau qu’on retrouve un peu partout sur la planète à l’exception des pays comme chez nous. Cette plante se reproduit à une vitesse phénoménale et affecte drastiquement l’écosystème des eaux dont le fleuve du Niger. Avec la collaboration d’un québécois passionné, ils ont découverts que ce fléau pouvait finalement devenir une matière importante pour améliorer la vie et la santé des populations et contrer l’abattage des arbres qui accélère la désertification. Comment et bien, cette plante se transforme en un compost très riche pour l’agriculture. Et de plus, si elle est séchée et bien compressée, on peut produire des briquettes qui remplaceraient le charbon, ce dernier étant très nocif pour la santé et très polluant. Ils ont fait de petits tests et ça fonctionne. Ils ont même développé un outil très simple qui permet de récupérer la jacinthe sans avoir à rentrer dans cette eau très polluée. Il reste à développé l’outil qui pourra compresser efficacement la jacinthe séchée afin que la durée des briquettes soit comparable au charbon. C’est sûr qu’il reste beaucoup de boulot, mais c’est un projet réaliste et exportable. Drôle d’hasard, quelques mois, avant de quitter le Québec, j’ai vu un reportage sur Radio-Canada qui parlait du projet, mais je n’avais pas réalisé qu’on parlait du Niger.
Dimanche, la chaleur étant toujours aussi suffocante, Je suis allée m’installer à la piscine du Grand Hôtel. L’Hôtel est situé sur le bord du fleuve. La vue est très belle et il y a toujours une petite brise. En soirée, François m’a amené dans un bar nigérien. À part les serveuses, il n’y a que des hommes. Une grande terrasse extérieure avec musique local et des télés pour les amateurs de soccer. On s’est aussi rendu à cet endroit parce qu’il y a un cuisinier super gentil à l’extérieur, Michel, qui cuisine de bonnes grillades de toute sorte à un prix ridiculement bas soit vingt cinq sous la brochette. Ce soir là, au menu, brochettes de foie de poulet et du pigeon. J’ai goûté au pigeon, mais trop coriace pour moi. Ça n’a pas mauvais goût, mais je passe mon tour. Par contre, le foie était bon, mais un peu trop cuit. Mais ici, il est préférable de manger plus cuit que pas assez. Il en va de notre santé.
Lundi retour au boulot. C’est toujours aussi calme. J’avance bien dans mon plan de travail et la préparation de mes formations. J’ai vu Ramatou hier, je lui ai présenté mon plan et cela semblait la satisfaire. On se revoit jeudi matin pour établir un échéancier et nous présenterons le tout à Amadou, le président.
Vous vous dites probablement que je n’exprime pas beaucoup sur mon entourage, sur la vie ici, mais je vous avouerai que c’est difficile de trouver les mots justes. D’un côté, c’est d’une pauvreté extrêmement désolante, mais d’un autre côté, ils font avec. Ils gardent le sourire et sont très respectueux à notre égard. Oui, on voit des gens dans la rue qui mendient, mais rarement on se fait interpeller. Plus les jours passent et plus je me sens comme chez moi. Selon moi, les images valent mille mots. Et j’espère vous envoyer, très prochainement des photos. Comme vous savez je n’ai plus de caméra et en plus prendre des photos ici, ce n’est pas très bien vu. François attend la confirmation d’un contrat qui nécessitera la prise de plusieurs photos. Alors, on se croise les doigts, cela nous donnera la chance d’avoir des photos et de les partager.
Pour terminer, une bonne nouvelle pour moi, j’ai maintenant accès à l’internet au bureau. Je peux donc communiquer plus facilement avec vous tous et sans frais en plus.

jeudi 22 octobre 2009

La rentrée officielle au travail

Depuis mercredi, j’ai officiellement intégré le bureau d’ADD. Ils viennent tout juste de déménager dans de nouveaux espaces. J’ai l’impression, mais je peux me tromper, que cette maison a probablement appartenu à des dignitaires ou à des gens qui avaient des moyens. La maison est grande, la cuisine fait partie de la maison et dans le jardin, il y a une piscine. Je vous entends réagir, HA! C’est super. Détrompez-vous, elle est vide et le restera.
J’ai eu droit à un accueil très chaleureux. La majorité, si ce n’est la totalité, des membres de l’équipe ADD sont des Peuls. Ils sont reconnus pour être des gens discrets et selon certain, les plus intelligents. Je ne m’engagerai pas sur ce terrain de comparaison. De toute façon, avant de connaître toutes les ethnies et de pouvoir les comparer, j’en aurais pour le reste de ma vie et encore. En fait cela n’a pas d’importance, c’était qu’une petite anecdote.
Mon intégration a débuté avec une rencontre assez brève avec le président Amadou Boubacar. Un homme attachant et souriant. Il a rapidement voulu me faire savoir que ma présence était très attendue et qu’il voulait pouvoir profiter au maximum de l’expérience que j’avais acquise. Même si ce n’est pas le cas, on sent une certaine pression. Surtout que j’arrive après la venue d’un homme expérimenté, Richard Côté, qui est très respecté ici et qui n’en est pas à sa première expérience en coopération et avec ADD. Par contre, je retiens le conseil de Richard lorsque je l’ai rencontré chez nous, reste réaliste, ne te mets pas la barre trop haute. Au bout du compte, c’est nous qui nous mettons le plus de pression.
Les journées de travail sont actuellement plutôt tranquilles. Je dois rédiger mon plan de travail à soumettre au président et au CCI. Ce plan doit se faire conjointement avec Ramatou, une collègue de travail adorable, mais elle est actuellement en région pour un projet alors j’attends son retour vendredi. Probablement que cela se fera au début de la semaine prochaine. Ici, on prend son temps, rien ne presse. Et je vous avoue, je n’ai pas trop de difficulté à m’habituer à ce rythme de travail.
Je suis installée, avec Ramatou, dans un bureau avec une grande fenêtre. On n’a pas de vue comme telle, mais c’est bien correct. Pour l’instant le climatiseur n’est pas branché, mais par chance, j’ai un ventilateur enligné directement sur moi. Entre temps, je rédige le contenu de la première formation que j’envisage faire avec eux.
J’ai déjà mes petites habitudes. Je sors luncher dans une petite pâtisserie, tenue par des libanais je crois, c’est très bon. Les brioches sont excellentes. Je retourne tranquillement à la maison vers 16h00. Une bonne douche, suivi, pas toujours, d’un bon verre de blanc frais. Et oui, à mon grand bonheur, on trouve du bon vin, blanc et rouge, entre 4$ et 6$ la bouteille. Faut bien savoir se gâter un peu.

lundi 19 octobre 2009

Dèjà une semaine



Et bien, déjà une semaine de passé. J’apprivoise tranquillement Niamey. J’avoue que j’ai un peu de difficulté avec mon orientation, mais mon cher guide François m’encourage. Il lui a fallu au moins deux mois pour vraiment être à l’aise.
La température est toujours aussi suffocante. Je parlais d’au moins deux douches par jour, mais je vous dirais que trois ou quatre est plus juste. Mercredi soir nous avons eu droit à une pluie diluvienne avec tonnerre et éclair, du jamais vu ici en octobre. On aurait pu penser que cela atténuerait la chaleur et non, c’était pire le lendemain. Le changement climatique se fait sentir sérieusement partout sur la planète. Un degré en octobre à Montréal, on s’entend que ce n’est pas normal non plus.
J’ai fait la connaissance d’un jeune designer nigérien du nom de Momo, et aujourd’hui, nous sommes allés au marché Wadata tout près de notre villa pour acheter du tissu. Il a gentilment accepté de nous confectionner une toile qui nous permettra de faire de l’ombre sur notre terrasse.
Je devais commencer à travailler lundi, mais finalement je joindrai l’équipe ADD seulement mercredi. Mardi c’est les élections et c’est congé pour tous. Je vous avoue que j’ai vraiment hâte de me mettre à la tâche. C’est très bien qu’on nous laisse du temps pour s’acclimater, mais après dix jours, je suis prête à travailler.
J’aurais aimé vous envoyer des photos régulièrement, mais malheureusement ma caméra a rendu l’âme hier. François a réalisé un petit montage pour moi. Cela vous permettra de voir le décor dans lequel je vis en plus de vous permettre d’associer un visage au François dont je parle et Moussa notre gentil gardien.
À bientôt.

mardi 13 octobre 2009

Arrivée à destination

Bonjour à tous,

J’aurais bien aimé mettre mon texte hier, mais pas de connexion possible de l’après-midi et de la soirée.

Je suis arrivée à destination sans aucune complication par contre le transit à Casablanca ne sait pas passer comme je l’avais imaginé. Royal Air Maroc n’a plus d’entente avec l’hôtel sur le bord de la mer. On nous a donc installés en plein cœur du centre-ville dont tu ne profites pas vraiment dû beaucoup à la fatigue. J’ai par contre rencontré des gens sympathiques; un étudiant sénégalais qui vit à Montréal, des hommes d’affaire de Tunisie et de la Tanzanie. La température étant très clémente, j’ai marché dans les alentours et j’ai profité de ma chambre pour faire une bonne sieste de trois heures qui m’a remis d’aplomb pour poursuivre le voyage. Je suis donc arrivée à Niamey en pleine nuit comme prévu. J’ai fait la connaissance de deux membres de l’équipe ADD qui ont eu la gentillesse de se lever aux petites heures pour venir m’accueillir. Mon coloc m’attendait avec une bonne bouteille de vin. C’est spécial de prendre un verre à cette heure mais en fait pour moi il était 22h00. Je suis très chanceuse que François soit là. Il facilite mon intégration. Ce n’est pas évident d’arriver dans une ville comme Niamey avec aucun repert.

Nous sommes installés dans une petite villa fort agréable avec un jardin entouré d’arbres et de plantes. J’ajouterai des photos bientôt. Premier constat, il fait fichement chaud. Pour ceux qui me connaissent bien savent que j’aime la chaleur, mais là j’avoue que cela dépasse mon entendement. Minimum deux douches par jour si ce n’est pas trois. En tout cas, on est pas mal propre.

Pour la première journée, dimanche, François m’a amené au petit marché et à l’épicerie afin que nous fassions nos provisions pour les jours à venir. Comme tout bon marché qui se respecte en Afrique, un tourbillon de monde et de produits de toute sorte. Avec la fatigue, c’est un choc de voir toute cette activité et surtout de te retrouver en minorité. Ici, tous les déplacements se font en taxi, il y en a partout. Avec la chaleur et le soleil qui te tape dessus, la marche est assez difficile. Le reste de la journée fût principalement consacré à m’installer, à faire une sieste pour se terminer avec une succulente sauce à spaghetti préparé par François.

Aujourd’hui lundi, j’ai fait la connaissance de Moussa. Moussa est notre gardien, il s’occupe également d’entretenir l’extérieur, de faire le lavage des vêtements et de la vaisselle. Je vous entends réagir et non, on ne fait pas pitié mais c’est indispensable. Un petit monsieur très sympathique et très souriant. Ensuite, ADD sont venus nous chercher pour un petit tour de ville et surtout pour que je puisse régler certains détails comme le visa, la banque et faire acte de présence à l’ambassade. Retour à la maison vers 16h00 pour une douche et une sieste bien méritée.

C’est difficile pour le moment de vous donner mes impressions de Niamey et des gens. Il me faut encore quelques jours mais, je peux dire qu’à première vue c’est une ville pleine d’action, mais pas agressante. C’est sûr que c’est une ville pauvre et qu’on te sollicite de toute part pour te vendre à peut près tout. Du monde, il y en a partout et de tout âge. Tout le monde te salut et te sourit, mais je ne me sens pas encore assez sûre de moi pour circuler seule. Autre petit détail, à part les routes goudronnées tout est de sable de teinte rouge. On sent bien que le désert n’est pas loin. Plus de détails à venir dans les prochains jours et les prochaines semaines.

Je vous laisse là-dessus.
Je vous salue tous.

jeudi 8 octobre 2009

Moins de 48 heures

Moins de 48 heures avant mon départ. Je ne vous cacherai pas qu'il y a de la fébrilité dans l'air. D'ici là, je dois terminer mes bagages (le casse-tête parce que je devrai faire des choix), faire les dernières petites courses et malheureusement, une visite chez le dentiste. Et oui, depuis hier, un mal de gencives. Ce n'est probablement pas très grave mais, vaut mieux aller vérifier.
J'ai profité des dernières semaines pour voir ma famille, mes amis et manger tout ce qui pouvait me tenter. Je suis pleinement comblée.
L'avion quitte le sol demain à 20h05. Le voyage sera long puisque je suis en transit à Casanblanca pendant 16 heures mais, en même temps, j'aurai probablement la chance de faire connaissance avec cette ville que je n'ai jamais visitée. Royal Air Maroc nous offre un hébergement dont l'un des deux hôtels est au bord de la mer et pas très loin de la majestueuse Grande Mosquée Nannan II. Je vous assure que j'userai de tout mon charme pour qu'ils acceptent de m'envoyer à cet endroit. Comme quoi on peut toujours tirer avantage d'une situation, qui au départ, peut paraître déplaisante. Je repars à 23h00 et j'arriverai à Niamey en pleine nuit à 3h30 du matin. OUF! Je n'ai pas hâte de voir dans quel état je serai. Le temps de récupération est un peut plus à mon âge. Je ne m'en fait pas trop, j'aurai du temps pour récupérer. On nous laisse quelques jours pour s'adapter à notre nouvel environnement. De plus, mon adaptation sera facilité par l'accueil de mon coloc, François, qui est sur place depuis quelques mois.
C'est donc parti pour une grande et nouvelle aventure. Je suis fin prête.
Je ne connais pas les facilités internet mais, je vais tout faire pour actualiser mon blog le plus régulièrement possible. Et sachez que vos courriels seront les bienvenus. C'est toujours excitant de voir que tu as des messages dans ta boîte courriel.
Je vous souhaites un bel automne.
Je vous salue et vous dit à très bientôt.
Sai anjima (au revoir en Houassa)