mercredi 28 octobre 2009

La vie ici

Ce week-end, j’ai eu l’opportunité d’être invité à un dîner chez une québécoise, Sylvie Trudel, qui vit ici depuis dix ans. C’est François qui me l’a présenté. Nous étions un groupe d’environ dix personnes dont trois québécoises qui sont ici trois semaines pour faire de la formation en concertation, une américaine infirmière mariée à un nigérien dermatologue et des nigériens qui travaillent à l’EIP, l’organisme dirigé par Sylvie. Elle a une cuisinière exceptionnelle. Nous avons mangé un bon couscous. Je vous avoue que cela m’a fait beaucoup de bien de sortir de la maison et de rencontrer des gens. La soirée fût très agréable.
Je vous parle un peu de son projet parce que c’est tout à fait extraordinaire, en tout cas à mes yeux. Il existe une mauvaise herbe d’eau nommée jacinthe d’eau qu’on retrouve un peu partout sur la planète à l’exception des pays comme chez nous. Cette plante se reproduit à une vitesse phénoménale et affecte drastiquement l’écosystème des eaux dont le fleuve du Niger. Avec la collaboration d’un québécois passionné, ils ont découverts que ce fléau pouvait finalement devenir une matière importante pour améliorer la vie et la santé des populations et contrer l’abattage des arbres qui accélère la désertification. Comment et bien, cette plante se transforme en un compost très riche pour l’agriculture. Et de plus, si elle est séchée et bien compressée, on peut produire des briquettes qui remplaceraient le charbon, ce dernier étant très nocif pour la santé et très polluant. Ils ont fait de petits tests et ça fonctionne. Ils ont même développé un outil très simple qui permet de récupérer la jacinthe sans avoir à rentrer dans cette eau très polluée. Il reste à développé l’outil qui pourra compresser efficacement la jacinthe séchée afin que la durée des briquettes soit comparable au charbon. C’est sûr qu’il reste beaucoup de boulot, mais c’est un projet réaliste et exportable. Drôle d’hasard, quelques mois, avant de quitter le Québec, j’ai vu un reportage sur Radio-Canada qui parlait du projet, mais je n’avais pas réalisé qu’on parlait du Niger.
Dimanche, la chaleur étant toujours aussi suffocante, Je suis allée m’installer à la piscine du Grand Hôtel. L’Hôtel est situé sur le bord du fleuve. La vue est très belle et il y a toujours une petite brise. En soirée, François m’a amené dans un bar nigérien. À part les serveuses, il n’y a que des hommes. Une grande terrasse extérieure avec musique local et des télés pour les amateurs de soccer. On s’est aussi rendu à cet endroit parce qu’il y a un cuisinier super gentil à l’extérieur, Michel, qui cuisine de bonnes grillades de toute sorte à un prix ridiculement bas soit vingt cinq sous la brochette. Ce soir là, au menu, brochettes de foie de poulet et du pigeon. J’ai goûté au pigeon, mais trop coriace pour moi. Ça n’a pas mauvais goût, mais je passe mon tour. Par contre, le foie était bon, mais un peu trop cuit. Mais ici, il est préférable de manger plus cuit que pas assez. Il en va de notre santé.
Lundi retour au boulot. C’est toujours aussi calme. J’avance bien dans mon plan de travail et la préparation de mes formations. J’ai vu Ramatou hier, je lui ai présenté mon plan et cela semblait la satisfaire. On se revoit jeudi matin pour établir un échéancier et nous présenterons le tout à Amadou, le président.
Vous vous dites probablement que je n’exprime pas beaucoup sur mon entourage, sur la vie ici, mais je vous avouerai que c’est difficile de trouver les mots justes. D’un côté, c’est d’une pauvreté extrêmement désolante, mais d’un autre côté, ils font avec. Ils gardent le sourire et sont très respectueux à notre égard. Oui, on voit des gens dans la rue qui mendient, mais rarement on se fait interpeller. Plus les jours passent et plus je me sens comme chez moi. Selon moi, les images valent mille mots. Et j’espère vous envoyer, très prochainement des photos. Comme vous savez je n’ai plus de caméra et en plus prendre des photos ici, ce n’est pas très bien vu. François attend la confirmation d’un contrat qui nécessitera la prise de plusieurs photos. Alors, on se croise les doigts, cela nous donnera la chance d’avoir des photos et de les partager.
Pour terminer, une bonne nouvelle pour moi, j’ai maintenant accès à l’internet au bureau. Je peux donc communiquer plus facilement avec vous tous et sans frais en plus.

1 commentaire:

  1. Elle a fait un documentaire là-dessus (jacynthe d'eau) avec le CREDIL il me semble.

    Je l'ai déjà vu!

    Radio-Canada est au Niger en ce moment pour des reportages sur je ne sais plus quoi!

    a+

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