mercredi 4 novembre 2009

Y'A DE L'ACTION

Niamey est en pleine action cette dernière semaine. La FIMA (Festival international de mode africaine) vient prendre fin. Un événement très couru à l’échelle internationale. Il y avait des journalistes et des designers de partout dans le monde. Surprenant qu’un événement d’une telle ampleur est lieu dans un pays aussi enclavé, aussi pauvre et musulman. Je sais que l’an dernier notre designer québécois, Jean-Paul Gauthier, était présent avec sa collection. On aurait bien aimé y assister, mais on n’a pas réussit à avoir des passes. Il paraît que l’aménagement sur le bord du fleuve était assez impressionnant.
Également, depuis samedi dernier, se déroule pour dix jours, le SAFEM (Salon artisanale des femmes) parrainé par la première dame. Le talent des femmes de l’Afrique de l’ouest est mis à l’honneur. C’est tout près de chez nous. Samedi, on allait faire un tour et on se promet d’y retourner dimanche prochain. On va pouvoir acheter de beaux objets à un prix pas mal raisonnable. Je me suis quand même laissé tenter par une paire de sandale en cuir faite sur mesure au prix de 15$.
Dimanche, la farniente. La piscine au Grand Hôtel. Et lundi, et bien, une grande surprise. M. Amadou m’appelle vers 8h20. Il m’informe qu’ils m’attendent pour une réunion et qu’on part pour la journée en périphérie de Niamey. Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que nous sommes plutôt confinés à Niamey. Depuis la prise d’otage de deux canadiens de l’ONU en 2008, le Canada est un peu nerveux. J’ai fait acte de présence à l’Ambassade et j’ai rencontré le responsable. Je voulais connaître la marge de manœuvre que j’avais pour me déplacer au Niger. Malheureusement, elle est plutôt limitée, mais la périphérie de Niamey est possible à certaines conditions.
Alors, là quelle journée. Complètement baigné dans une autre culture, sans aucun repère. Honnêtement, j’étais bouche baie d’une certaine façon, mais aucunement mal à l’aise. Ils sont vraiment accueillants et il se dégage un certain respect des deux côtés. Notre mission (j’aime bien la sonorité de ce mot), farce à part, s’en était une. Alors donc, nous allions distribuer du matériel scolaire, offert par Oxfam, dans trois écoles, faire l’inventaire du matériel remis et recueillir de l’information à partir d’un questionnaire établit auprès de trois groupes (élèves, parents et enseignants). J’ai beaucoup observé et j’ai participé. On m’a offert de relever les informations auprès d’un groupe d’enseignants. Je n’arriverai pas à trouver les mots justes, il faut le vivre. Ces enseignants sont totalement dévoués avec tellement peu de moyens. Ils y croient, tout simplement. Il y a eu aussi un autre moment magique. Environ cinquante enfants se sont approchés de moi pour finalement presque m encerclé. J’ai commencé à faire, vous savez quand on tape dans la main de l’autre et un vent de rire c’est propagé. Alors là, j’ai levé les mains dans les airs et ils ont tous fait le même geste. Wow! Vraiment magique. Ma journée c’est terminée par une visite chez une des enseignantes qui vie dans le village tout à côté de l’école. Je vous dis village, c’est vite dit. Oui, y’a des gens qui en arrachent chez nous, mais ici c’est la majorité Sa fille de 20 ans venait d’accoucher d’une petite fille, il y a de ça trois jours. L’enseignante était très heureuse et très fière de nous présenter sa petite fille. En la quittant, elle m’a remercié d’avoir accepté de venir chez elle. OUF! Je suis sortie de là ébranlée, mais reconnaissante. Je peux vous dire que ces images sont marquées dans ma mémoire pour le reste de ma vie. Je peux vous dire aussi que je suis retournée à la maison ravie, mais complètement vidée.
Vous aurez des photos bientôt. François en a pris au Grand Hôtel et en périphérie.

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