Et bien moi avant que Bruno, mon collègue d’université, m’en parle et me montre des photos ça me disait absolument rien. Pour ceux que ça intéresse j’ai trouvé un texte qui explique bien l’origine de cette fête aussi appelé « Fête du sacrifice » ou « Fête du mouton ». Ne vous inquiétez pas, avant de vous le soumettre, j’ai vérifié auprès des nigériens l’exactitude de ce qui était écrit.
« Cette fête commémore la soumission d'Ibrahim à Dieu, symbolisée par l'épisode où il acceptait d'immoler son fils Ismaël sur l'ordre d'Allah, celui-ci envoyant au dernier moment un mouton par l'entremise de l'archange Gabriel pour remplacer l'enfant comme offrande sacrificielle. En souvenir de cette soumission totale d'Ibrahim à Dieu, les familles musulmanes sacrifient un mouton ou un bélier, mais parfois d'autres animaux comme des vaches ou des chèvres, en l'égorgeant, couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque, après la prière et le sermon de l'aïd. »
Maintenant dans la réalité, voici comment ça se passe. La journée qui précède la fête, il y une agitation palpable dans toute la ville. Il y a plus de congestion dans les rues surtout près des marchés. Partout, on vend du bois pour le feu ou les grands bâtons de bois pour enfourcher le mouton. On sent vraiment de l’électricité dans l’air. Tout le monde est joyeux. Ça s’en vraiment la fête.
Le jour même après la messe du matin, on se met à la tâche. Ce que je ne sais pas c’est à quel moment qu’on égorge le mouton. Cela dit, après la messe, on retire la peau, on le vide et on l’enfourche sur deux longs bâtons placés en x pour le cuire tranquillement toute la journée. On m’a dit que les moutons sont partagés de la façon suivante : une moitié pour la famille et l’autre moitié est offerte à ceux qui n’ont pas pu s’acheter un mouton. Il faut savoir qu’un mouton s’est pas donné et plusieurs s’endettent et un bon nombre d’entre eux en on vraiment pas les moyens.
Vous imaginez que ça fait pas mal de nourriture d’un seul coup. Ils arrivent à le conserver en le découpant en morceaux et en le mettant dans l’huile.
De voir ces moutons, partout dans la ville, enfourchés à cuire sur la braise c’est assez impressionnant pour nous occidentaux. Il y a un taximan qui m’a demandé si on avait des musulmans au Canada. Il ne comprenait pas qu’ils ne fêtaient pas la Tabaski de cette façon. J’imaginais la scène chez nous, ça m’a bien fait sourire.
Le lendemain, en tout cas dans mon quartier, c’est comme si rien ne c’était passé. Le calme était revenu.
lundi 30 novembre 2009
dimanche 22 novembre 2009
AU COEUR DE L'ACTION
Pour ce qui est de la santé, tout est revenu dans l’ordre. Je suis en pleine forme. La chaleur et bien, le temps froid fait bel et bien son apparition. Le matin autour de 20 degrés et le jour ça peut atteindre 32 à 34 degrés. Un temps sec très agréable. Un inconvénient, la douche du matin. Ça prend un certain courage avant de s’y lancer. On a un chauffe-eau, mais il n’est pas fonctionnel. On court après notre proprio pour voir si on peut s’en servir.
Cette semaine, j’ai entamé le cœur de mon mandat. Au total, j’ai planifié réaliser six formations avec mes collègues d’ADD. Un petit rappel, mon travail consiste à du renforcement de capacités pour l’élaboration de leur plan de communication et du plan d’action qui en découle. Au total, huit personnes participent aux formations. Nous avons complété trois des six formations. Honnêtement, je ne m’attendais pas à autant d’efficacité de leur part. HA! Les préjugés ce que ça peut faire. Ils sont à l’heure (bon à 15 minutes près), ils démontrent beaucoup d’intérêt et ils participent activement aux exercices que je leur propose. En plus, l’ensemble de notre démarche se fait dans une atmosphère conviviale avec un bon sens de l’humour. Un fait intéressant, ils arrivent difficilement à déterminer les forces et faiblesse de leurs concurrents. Ce n’est vraiment pas dans leur nature de se comparer. On devra revenir sur ce point, c’est crucial pour approcher les partenaires financiers et techniques.
Je me permets de commenter quelque peu la performance de la formatrice. Je me découvre de nouveaux talents. Je suis très à l’aise et je semble avoir une facilité à vulgariser la matière que je dois partager. En trois formations, nous avons accompli une somme de travail impressionnant.
J’ai pensé que je ne vous avais pas vraiment parlé de la bonne bouffe qu’on se prépare. Pour vous donner un aperçu de nos menus : poulet au gingembre, sauce à spaghetti, hamburger accompagné de frites maison, ragoût de bœuf, pâte arrabiata, poisson grillé. C’est sûr que le riz revient souvent comme accompagnement, mais on arrive à bien se nourrir. Ce matin, on s’est préparé de bonnes crêpes. J’ai reçu le sirop d’érable que je m’étais envoyé. Un pur délice.
Cette semaine, j’ai entamé le cœur de mon mandat. Au total, j’ai planifié réaliser six formations avec mes collègues d’ADD. Un petit rappel, mon travail consiste à du renforcement de capacités pour l’élaboration de leur plan de communication et du plan d’action qui en découle. Au total, huit personnes participent aux formations. Nous avons complété trois des six formations. Honnêtement, je ne m’attendais pas à autant d’efficacité de leur part. HA! Les préjugés ce que ça peut faire. Ils sont à l’heure (bon à 15 minutes près), ils démontrent beaucoup d’intérêt et ils participent activement aux exercices que je leur propose. En plus, l’ensemble de notre démarche se fait dans une atmosphère conviviale avec un bon sens de l’humour. Un fait intéressant, ils arrivent difficilement à déterminer les forces et faiblesse de leurs concurrents. Ce n’est vraiment pas dans leur nature de se comparer. On devra revenir sur ce point, c’est crucial pour approcher les partenaires financiers et techniques.
Je me permets de commenter quelque peu la performance de la formatrice. Je me découvre de nouveaux talents. Je suis très à l’aise et je semble avoir une facilité à vulgariser la matière que je dois partager. En trois formations, nous avons accompli une somme de travail impressionnant.
J’ai pensé que je ne vous avais pas vraiment parlé de la bonne bouffe qu’on se prépare. Pour vous donner un aperçu de nos menus : poulet au gingembre, sauce à spaghetti, hamburger accompagné de frites maison, ragoût de bœuf, pâte arrabiata, poisson grillé. C’est sûr que le riz revient souvent comme accompagnement, mais on arrive à bien se nourrir. Ce matin, on s’est préparé de bonnes crêpes. J’ai reçu le sirop d’érable que je m’étais envoyé. Un pur délice.
samedi 14 novembre 2009
OUF! PAS FACILE CELLE-LÀ
Ce n’est pas par manque de temps que vous n’avez pas eu de nouvelles récentes. Je viens de passer une semaine assez éprouvante. Ma grippe a viré en bronchite, j’ai eu le palu et ce qui a été le plus douloureux c’est une gastro, d’une ampleur que je n’ai jamais vécu, causée par des bactéries. La totale comme on dit. C’est quand même spécial, je prends mes pilules de prévention contre la malaria, on mange presque qu’exclusivement à la maison donc légumes trempés avec de l’eau de javel au moins trente minutes et tout est bien cuit et je bois de l’eau embouteillée. Ici, on dit que la chaleur, dont je vous parle assez souvent, est souvent la cause de maladie pour les blancs. Cela dit, il n’y a pas mort d’homme. Je me repose et ça va aller.
En tout cas, je peux vous dire que j’ai reçu des soins extraordinaires. J’étais dans une clinique, imaginez un mini hôpital, médecins et soins infirmiers 24 heures sur 24. Un service très professionnel et attentionné. On m’a fait une batterie de tests dont une échographie et tous les résultats en moins d’une heure. J’y ai passé trois jours dont une nuit, du soluté à plusieurs reprises et tout ça pour un total de 200 $ incluant tous les médicaments. J’aurais envie de proposer à notre ministre de la santé de venir faire un tour ici.
Ce qui était extraordinaire aussi c’est le support que j’ai eu. Ramatou, d’ADD, m’a accompagnée tout le temps (pour le transport et s’assurer que j’étais bien installée et qu’il ne me manquait de rien). Elle est venue me voir avec une collègue. Le patron est venu aussi. Mon coloc m’a préparé une soupe au poulet et nouille, un ami nigérien est venu me visiter et même la représentante de l’ambassade est venue faire son tour en emportant une caisse d’eau embouteillée par-dessus le marché.
Ce qui est malheureux dans tout ça c’est que toutes mes entrevues pour mes formations et mon travail de stage ont été manquées. Il ne faut surtout pas que je stresse, mais j’ai des livrables. Comme on dit, une journée à la fois et je vais y arriver. Tous me disent, il faut que tu fasses les choses lentement, que tu saches te reposer. Alors, je vais les écouter.
En tout cas, je peux vous dire que j’ai reçu des soins extraordinaires. J’étais dans une clinique, imaginez un mini hôpital, médecins et soins infirmiers 24 heures sur 24. Un service très professionnel et attentionné. On m’a fait une batterie de tests dont une échographie et tous les résultats en moins d’une heure. J’y ai passé trois jours dont une nuit, du soluté à plusieurs reprises et tout ça pour un total de 200 $ incluant tous les médicaments. J’aurais envie de proposer à notre ministre de la santé de venir faire un tour ici.
Ce qui était extraordinaire aussi c’est le support que j’ai eu. Ramatou, d’ADD, m’a accompagnée tout le temps (pour le transport et s’assurer que j’étais bien installée et qu’il ne me manquait de rien). Elle est venue me voir avec une collègue. Le patron est venu aussi. Mon coloc m’a préparé une soupe au poulet et nouille, un ami nigérien est venu me visiter et même la représentante de l’ambassade est venue faire son tour en emportant une caisse d’eau embouteillée par-dessus le marché.
Ce qui est malheureux dans tout ça c’est que toutes mes entrevues pour mes formations et mon travail de stage ont été manquées. Il ne faut surtout pas que je stresse, mais j’ai des livrables. Comme on dit, une journée à la fois et je vais y arriver. Tous me disent, il faut que tu fasses les choses lentement, que tu saches te reposer. Alors, je vais les écouter.
vendredi 6 novembre 2009
ENFIN! DES PHOTOS



Le reste de la semaine a été assez tranquille. Lundi, lors de notre mission, j’avais un fichu mal de gorge. Le tout a viré en toux et de la fièvre. Je donc resté au lit toute la journée de jeudi. J’approche de la fin.
Comme promis, je vous envoie des photos. J’ai fait un petit montage pour que cela soit moins ennuyant. Vous avez le Grand Hôtel et la vue qu’on a de là et une autre série prise lors de ma visite dans les écoles en périphérie de Niamey.
En passant, je ne reçois pas beaucoup de commentaires sur mon blog. Vous n’êtes pas obligé, mais je vous avoue que j’aimerais bien ça. Au plaisir de vous lire.
Comme promis, je vous envoie des photos. J’ai fait un petit montage pour que cela soit moins ennuyant. Vous avez le Grand Hôtel et la vue qu’on a de là et une autre série prise lors de ma visite dans les écoles en périphérie de Niamey.
En passant, je ne reçois pas beaucoup de commentaires sur mon blog. Vous n’êtes pas obligé, mais je vous avoue que j’aimerais bien ça. Au plaisir de vous lire.
mercredi 4 novembre 2009
Y'A DE L'ACTION
Niamey est en pleine action cette dernière semaine. La FIMA (Festival international de mode africaine) vient prendre fin. Un événement très couru à l’échelle internationale. Il y avait des journalistes et des designers de partout dans le monde. Surprenant qu’un événement d’une telle ampleur est lieu dans un pays aussi enclavé, aussi pauvre et musulman. Je sais que l’an dernier notre designer québécois, Jean-Paul Gauthier, était présent avec sa collection. On aurait bien aimé y assister, mais on n’a pas réussit à avoir des passes. Il paraît que l’aménagement sur le bord du fleuve était assez impressionnant.
Également, depuis samedi dernier, se déroule pour dix jours, le SAFEM (Salon artisanale des femmes) parrainé par la première dame. Le talent des femmes de l’Afrique de l’ouest est mis à l’honneur. C’est tout près de chez nous. Samedi, on allait faire un tour et on se promet d’y retourner dimanche prochain. On va pouvoir acheter de beaux objets à un prix pas mal raisonnable. Je me suis quand même laissé tenter par une paire de sandale en cuir faite sur mesure au prix de 15$.
Dimanche, la farniente. La piscine au Grand Hôtel. Et lundi, et bien, une grande surprise. M. Amadou m’appelle vers 8h20. Il m’informe qu’ils m’attendent pour une réunion et qu’on part pour la journée en périphérie de Niamey. Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que nous sommes plutôt confinés à Niamey. Depuis la prise d’otage de deux canadiens de l’ONU en 2008, le Canada est un peu nerveux. J’ai fait acte de présence à l’Ambassade et j’ai rencontré le responsable. Je voulais connaître la marge de manœuvre que j’avais pour me déplacer au Niger. Malheureusement, elle est plutôt limitée, mais la périphérie de Niamey est possible à certaines conditions.
Alors, là quelle journée. Complètement baigné dans une autre culture, sans aucun repère. Honnêtement, j’étais bouche baie d’une certaine façon, mais aucunement mal à l’aise. Ils sont vraiment accueillants et il se dégage un certain respect des deux côtés. Notre mission (j’aime bien la sonorité de ce mot), farce à part, s’en était une. Alors donc, nous allions distribuer du matériel scolaire, offert par Oxfam, dans trois écoles, faire l’inventaire du matériel remis et recueillir de l’information à partir d’un questionnaire établit auprès de trois groupes (élèves, parents et enseignants). J’ai beaucoup observé et j’ai participé. On m’a offert de relever les informations auprès d’un groupe d’enseignants. Je n’arriverai pas à trouver les mots justes, il faut le vivre. Ces enseignants sont totalement dévoués avec tellement peu de moyens. Ils y croient, tout simplement. Il y a eu aussi un autre moment magique. Environ cinquante enfants se sont approchés de moi pour finalement presque m encerclé. J’ai commencé à faire, vous savez quand on tape dans la main de l’autre et un vent de rire c’est propagé. Alors là, j’ai levé les mains dans les airs et ils ont tous fait le même geste. Wow! Vraiment magique. Ma journée c’est terminée par une visite chez une des enseignantes qui vie dans le village tout à côté de l’école. Je vous dis village, c’est vite dit. Oui, y’a des gens qui en arrachent chez nous, mais ici c’est la majorité Sa fille de 20 ans venait d’accoucher d’une petite fille, il y a de ça trois jours. L’enseignante était très heureuse et très fière de nous présenter sa petite fille. En la quittant, elle m’a remercié d’avoir accepté de venir chez elle. OUF! Je suis sortie de là ébranlée, mais reconnaissante. Je peux vous dire que ces images sont marquées dans ma mémoire pour le reste de ma vie. Je peux vous dire aussi que je suis retournée à la maison ravie, mais complètement vidée.
Vous aurez des photos bientôt. François en a pris au Grand Hôtel et en périphérie.
Également, depuis samedi dernier, se déroule pour dix jours, le SAFEM (Salon artisanale des femmes) parrainé par la première dame. Le talent des femmes de l’Afrique de l’ouest est mis à l’honneur. C’est tout près de chez nous. Samedi, on allait faire un tour et on se promet d’y retourner dimanche prochain. On va pouvoir acheter de beaux objets à un prix pas mal raisonnable. Je me suis quand même laissé tenter par une paire de sandale en cuir faite sur mesure au prix de 15$.
Dimanche, la farniente. La piscine au Grand Hôtel. Et lundi, et bien, une grande surprise. M. Amadou m’appelle vers 8h20. Il m’informe qu’ils m’attendent pour une réunion et qu’on part pour la journée en périphérie de Niamey. Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que nous sommes plutôt confinés à Niamey. Depuis la prise d’otage de deux canadiens de l’ONU en 2008, le Canada est un peu nerveux. J’ai fait acte de présence à l’Ambassade et j’ai rencontré le responsable. Je voulais connaître la marge de manœuvre que j’avais pour me déplacer au Niger. Malheureusement, elle est plutôt limitée, mais la périphérie de Niamey est possible à certaines conditions.
Alors, là quelle journée. Complètement baigné dans une autre culture, sans aucun repère. Honnêtement, j’étais bouche baie d’une certaine façon, mais aucunement mal à l’aise. Ils sont vraiment accueillants et il se dégage un certain respect des deux côtés. Notre mission (j’aime bien la sonorité de ce mot), farce à part, s’en était une. Alors donc, nous allions distribuer du matériel scolaire, offert par Oxfam, dans trois écoles, faire l’inventaire du matériel remis et recueillir de l’information à partir d’un questionnaire établit auprès de trois groupes (élèves, parents et enseignants). J’ai beaucoup observé et j’ai participé. On m’a offert de relever les informations auprès d’un groupe d’enseignants. Je n’arriverai pas à trouver les mots justes, il faut le vivre. Ces enseignants sont totalement dévoués avec tellement peu de moyens. Ils y croient, tout simplement. Il y a eu aussi un autre moment magique. Environ cinquante enfants se sont approchés de moi pour finalement presque m encerclé. J’ai commencé à faire, vous savez quand on tape dans la main de l’autre et un vent de rire c’est propagé. Alors là, j’ai levé les mains dans les airs et ils ont tous fait le même geste. Wow! Vraiment magique. Ma journée c’est terminée par une visite chez une des enseignantes qui vie dans le village tout à côté de l’école. Je vous dis village, c’est vite dit. Oui, y’a des gens qui en arrachent chez nous, mais ici c’est la majorité Sa fille de 20 ans venait d’accoucher d’une petite fille, il y a de ça trois jours. L’enseignante était très heureuse et très fière de nous présenter sa petite fille. En la quittant, elle m’a remercié d’avoir accepté de venir chez elle. OUF! Je suis sortie de là ébranlée, mais reconnaissante. Je peux vous dire que ces images sont marquées dans ma mémoire pour le reste de ma vie. Je peux vous dire aussi que je suis retournée à la maison ravie, mais complètement vidée.
Vous aurez des photos bientôt. François en a pris au Grand Hôtel et en périphérie.
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